Chèr.e.s Humain.e.s, vous n’êtes que des chairs humaines.
Car vous — femmes, enfants et aussi vieillards qui souffrez dans l’ignorance et le silence de tous, ainsi que dans les vôtres —, vous n’êtes aux yeux des hommes de pouvoir, d’influence et de décision que de la chair, de la viande pas même comestible. Au mieux, vous serez un futur marché susceptible de permettre d’écouler leurs marchandises, un éventuel réservoir de main-d’œuvre bon marché. Aujourd’hui, vous n’êtes que des amas de corps. Six millions de Congolais en plus ou en moins n’ont perturbé en rien leur sommeil, leur appétit, leurs projets.
Pardonnez-leur leur ignorance. Car si vous n’êtes « que de la chair », ce ne sont que des hommes. « Ils ne savent pas ce qu’ils font », disait-il. Exigez de ceux qui le peuvent la tentative de rétablir l’équilibre et de réveiller la majorité dormante.
Car lorsque l’humanité tombera sous le poids de sa vanité, de son ignorance entretenue, de ce qu’elle appelle pompeusement « la croissance », de son mutisme et de son égocentrisme, ceux qui n’avaient été que de la chair seront ceux qui auront subsisté.
Car il ne restera que la chair de l’Homme, rien d’autre.