Scellé par le silence, masqué par des émotions confuses, je garde un secret que tu ne découvriras pas. En cage dans mon cœur, je te dirai où il est mais ne te donnerai jamais la clef. Toujours, j’espérerai que tu le découvres. Jamais, je ne souhaiterai que tu le trouves. Parce qu’il est une partie de moi que je préserve jalousement, je ne voudrais pas qu’on me le prenne. Parce qu’il est une partie de moi, je voudrais qu’il soit à toi. Pourtant, jamais je ne te le dévoilerai.
Gardé au plus profond, il est chaud et froid, tendre et dur à la fois. Comme un diamant, il n’a de valeur que celle qu’on veut bien lui accorder. Je te laisserai deviner, au travers de sourires dissimulés ou de regards fuyants, qu’il y aura toujours un secret que je n’avouerai pas. Tu seras alors le seul à savoir qu’il y a, assurément, des fonds inexplorés, une partie invisible de l’iceberg. Même en plongeant dans mon silence, la glace ne se fendra pas.
Il est mon abri contre ce qui m’indispose. Il est mon trésor récolté des aventures passées. Il est délicieusement douloureux et nonchalamment joyeux. Il est mon excuse et mon avantage. Il est une passion handicapante. Plongée dans son mysticisme, je rêverai secrètement que tu t’y noies mais jamais je ne t’y inviterai. Ne t’approche pas trop près et surtout ne t’en éloigne jamais.
Quand tu me demanderas « À quoi penses-tu ? », je te répondrai « À rien. ». Tu seras ainsi le seul à savoir que je suis en apnée.