Comme la danseuse étoile, elle est pointue. Pointus sont ses yeux, son nez et ses fines mains. Elle porte en elle la fraîcheur de l’enfance, laissant flâner derrière elle une printanière fragrance. Son insouciance se heurte aux réalités qui ne coïncident guère avec son idéalisme. Son amour du prochain, romantique, est mis à l’épreuve par l’égoïsme et le pragmatisme ambiants. Elle a l’imagination des adolescentes en apprentissage. Elle aime à répéter qu’elle aurait pu écrire les scénarios des séries à l’eau de rose qui ne passent qu’aux heures où les femmes au foyer repassent le linge. Si honnête envers les autres et elle-même, elle avoue — souvent à tort, et avec humilité — ce qu’elle ne sait pas. Admirative de presque tout et parfois craintive, elle semble ne pas jauger sa propre force.
Je souhaiterais que le monde soit porté par des femmes comme elle qui, dans l’intelligence, ont gardé l’essentiel de ce que le commun des mortels a laissé dans son berceau ou a enterré avec ses espoirs déçus. Son carburant, l’amour ; ses batteries, les relations humaines ; elle est un ange à préserver.
Nous avons partagé de nombreuses conversations, des blagues qui ne font rire que les avertis, des cours d’amphithéâtre, des e-mails, des verres de tequila, des sandwichs, des pistes de danse au son cubain. J’aimerais l’emmener dans mes voyages et l’accompagner dans les siens afin de m’assurer que rien ni personne ne puisse heurter sa sensibilité ni réduire son potentiel.
Comme son prénom l’évoque — Lorène, l’impératrice du cœur —, c’est ma copine. C’est un peu une frangine. Et comme dans la chanson : « pour moi, c’est sûr : elle est d’ailleurs ».