M.D.

Il n’est pas une leçon de vie. Il est un rappel. J’avais écrit dans une note destinée au site internet de mon organisation, que sa réputation ne vient pas de ses paroles auprès des puissants du monde, mais de son attention aux autres : les gens « normaux », ceux qu’on ne regarde pas, les pauvres et les non éduqués. Son attention n’est pas héroïque. Elle est humaine. C’est l’atmosphère de violence ambiante qui souligne son action comme généreuse. Mais en fait : le « MD » comme on l’appelle, c’est un Homme qui a gardé en lui l’humanité nécessaire pour traiter l’Autre comme son prochain. Quand il parle, il ne fait pas de discours pour soulever les foules. Il fait état d’une situation réelle. Quand il s’adresse aux hommes de pouvoir, il n’accuse pas. Il appelle à la responsabilité humaine.

Alors dans une civilisation où la violence est devenue le moyen d’acquérir le pouvoir, et où le pouvoir est devenu le moyen d’exister, on voit en héro celui qui existe avec puissance sans violence. Pas d’argent. Pas de politique. Pas d’armée. Sa puissance est son humanité. Le plus étonnant n’est pas qu’un homme, tel que le « MD », existe dans un tel contexte. Le plus étonnant est qu’on soit arrivé au point d’admirer un homme qui aime son prochain comme soi-même -tant nous avons laissé de côté notre essence d’humanité.

Tous ceux qui l’approchent se font happer par tant de bienveillance. Quelques uns s’étonnent de sa naïveté. Est-ce être naïf de ne pas accuser à charge ? Est-ce être naïf que de pardonner l’Homme de n’être qu’un Homme ? Ou est-ce simplement du bon sens ? Il nous arrange d’accrocher des superlatifs à son nom : « The Good doctor », le « réparateur des femmes », le « héro congolais ». Ces compliments nous servent à nous dire qu’il est exceptionnel et ainsi à justifier que nous ne sommes que des individus lambda. Pourtant ce que j’ai appris à ses côtés est que ce capital de force est en chacun de nous. Il est inné. Ce que son entourage perçoit comme de la grande humilité n’est qu’une nature profonde pour lui. Il n’est pas une leçon d’héroïsme, il est une bouffée d’humanisme. Quand je doute, j’aime m’entretenir avec lui. Sans le savoir, avec des mots d’une grande simplicité, il me rappelle qui nous sommes, dénudés de ce superflus, de ce brouhaha ambiant.

Alors quand j’ai besoin de reprendre mon souffle, je ne m’éloigne pas des villes polluées, je vais voir le MD.