C’est le charbon des voiles des femmes anonymes et le cuivre des crinières des femmes aux griffes rouges,
C’est l’appel hypnotique et lassant des muezzins,
C’est le beige du voile trouble de poussière qui couvre la ville,
C’est la cicatrice à la lèvre de Mahmoud, sept ans et menuisier,
C’est les arabesques bleues, jaunes et rouges des camions gourmands de pierres,
C’est l’odeur de la cigarette froide sur les sièges des taxis,
C’est le regard impudique des hommes sur la pudeur des femmes,
C’est la solitude lorsque l’on n’est jamais seul,
C’est les chaînes invisibles que seuls les regards des autres trahissent,
C’est la douceur du soleil couchant qui témoigne de la profondeur de l’horizon,
C’est les forêts de béton comme des traces de triomphe passé,
C’est les routes suspendues qui slaloment entre les pointes des mosquées,
C’est la fumée blanche des shishas filtrées par des moustaches masculines.
Mon orient c’est le toucher de ta peau chaude à la fin de la journée.