Ca ne fait pas très longtemps que je vis. Près d’un quart de siècle. Jusque là, chacune de mes respirations était une histoire, un résumé de l’humanité, une vie en elle-même. A chaque clignement de paupières, mes yeux étaient neufs à nouveau. Chacun des mots que j’ai prononcés, étaient uniques. Chaque personne que j’ai rencontrée, écoutée, touchée était un univers à part entière. Chaque paysage découvert était une nouvelle galaxie à conquérir. J’ai découvert chaque sensation, heureuse ou malheureuse. J’ai senti le monde et l’humanité comme l’on rentre chez soi après des années d’absence : tout est là et tout est nouveau.
Alors que je pensais le monde comme la maison de mon enfance, j’ignorais une chose : ton existence. Après toutes ces années, ton existence s’est mêlée à la mienne. Alors j’ai appris la respiration. J’ai découvert la vue, l’ouïe et le toucher. J’ai compris la parole et le silence. C’est lorsque ton existence s’est mêlée à la mienne, qu’elle a pris son sens. J’ai senti le monde pour la première fois. J’ai découvert une sphère que j’ignorais. Un monde que je rêvais secrètement et que je ne croyais qu’imaginaire. J’ignorais qu’il y avait des faiseurs de rêves. J’ignorais que l’amour portait ton prénom. Dès lors, il ne m’était plus nécessaire d’observer l’Humanité pour la comprendre, je n’avais qu’à t’embrasser.